Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne

Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne, de l’écrivain et essayiste militant congolais Gaspard-Hubert Lonsi Koko, dresse un panthéon des personnages historiques qui permet de redonner son épaisseur à un récit historique africain minoré par des siècles de propagandes coloniales. Il participe en cela au mouvement visant à ce que les Africains « couchent eux-mêmes la vraie histoire de leur continent ».

Le livre développe une vaste galerie de portraits de dirigeant(e)s des empires africains, d’icônes de la résistance armée ou spirituelle face aux invasions européennes puis à l’occupation et à l’entreprise de colonisation, de leaders à la manœuvre lors des indépendances et après celles-ci, mais aussi des révolutionnaires, intellectuel(le)s et artistes d’Afrique subsaharienne. De la reine Ravalons Ier qui résista à l’invasion de Madagascar par les Français jusqu’à sa mort en 1861 à Thomas Sankara, dirigeant du Burkina Faso mort assassiné en 1987 dans des conditions floues. De Msiri, roi du Katanga à Lumumba, tous deux également exécutés avec le concours des autorités belges.

Si l’Histoire n’est bien sûr pas le fait des « Grands Hommes » (et Femmes), en exposant cette galerie des Gloires, des héros et héroïnes historique d’Afrique, qui sont autant de role-model potentiels et sources d’inspiration, le livre permet d’aller au-delà des récits occidentaux empreints de condescendance. Et de battre ainsi en brèche l’entreprise de destruction culturelle au long cours qui tente de faire de l’Afrique un continent « sans Histoire ». Un ouvrage qui permettra aux lecteurs et aux lectrices européen(ne)s de développer une culture plus générale et moins eurocentrique. Et de redécouvrir par son Histoire, ce continent dynamique qui esquisse son avenir en s’enrichissant dans sa mémoire.

AB

© Agir par la Culture N° 52

Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Éditeur : L’Atelier de l’Egrgéore, 2017​

Publicités

L’Histoire de l’Afrique, un mensonge civilisationnel

Pour l’écrivain et philosophe américain Elie Wiesel, le bourreau tue toujours deux fois : par les armes, puis par l’oubli. Il faudrait tout justement rappeler que l’Histoire de l’Afrique nous est en plus grande partie connue sous le prisme déformant du colonialisme.

Dans l’ouvrage intitulé Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne, qui paraîtra début novembre 2017, rappelle que l’histoire de l’Afrique constitue le plus gros mensonge civilisationnel des plus criminogènes qui ait existé. En effet, selon l’auteur, elle avait été « sciemment falsifiée pour des raisons économiques et culturelles, philosophiques et religieuses, dès l’exploration européenne du continent africain commencée avec les Grecs anciens et les Romains ».

L’excuse ne devant plus du tout être de mise pour les Africains informés, il leur revient d’accoucher, eux-mêmes, la vraie histoire de leur continent. En réécrivant ce qui avait été sciemment dénaturé, ils participeront au rétablissement d’une certaine vérité. Mais encore faut-il que cet exercice ne se fasse pas dans le but de tromper, comme l’ont fait les vainqueurs d’hier. Ainsi Romain Gary a-t-il raison en ayant écrit, dans Les racines du ciel, que, « l’Afrique ne s’[éveillerait] à son destin que lorsqu’elle [aurait] cessé d’être le jardin zoologique du monde. »

Titre : Les figures marquante de l’Afrique subsaharienne

Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore

Formats : numérique et papier

Parution : début novembre 2017

La trilogie des Grands Lacs

La trilogie des Grands Lacs est un ensemble de trois ouvrages relatifs aux investigations du détective privé Cicéron Boku Ngoi dans deux pays d’Afrique, plus précisément la République du Zaïre, de nos jours la République Démocratique du Congo, ainsi que le Rwanda. Ces enquêtes – à savoir Dans l’œil du léopard, La chasse au léopard et Au pays des mille collines – sont donc connectées et peuvent être considérées comme une œuvre unique ou bien comme trois œuvres distinctes.

Sans conteste, au-delà de l’aspect imaginaire soutenant la trame de différentes investigations de Cicéron Boku Ngoi dans ces deux pays, le lecteur éveillé peut aisément percevoir la géopolitique en cours en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs africains. Ainsi la stratégie interplanétaire se développe-t-elle en Afrique, au détriment des autochtones, dans l’optique – surtout pour les Occidentaux, la Russie et la Chine – de s’imposer comme la puissance militaire et économique du vingt-et-unième siècle.

Format : EPUB sans DRM

ISBN : 979-10-91580-10-6

Pour plus d’infos

Sur les traces du Justicier exécuteur

justicier-executeur_Couv1Vous venez de publier un nouveau roman intitulé Le justicier exécuteur. En avez-vous déjà assez, au bout de trois ouvrages, de votre héros Cicéron Boku Ngoi ? Qu’est devenu ce personnage très attachant aux yeux de vos lecteurs ?

Les pérégrinations de Cicéron Boku Ngoi concernaient trois affaires[1] ayant concerné trois investigations, en tant que détective privé, menées à la demande du Quai d’Orsay, c’est-à-dire du ministère français des affaires étrangères. Ces trois romans font partie intégrante de La trilogie des Grands Lacs. Le personnage de Cicéron Boku Ngoi s’est donc imposé à moi dans ce cadre précis. Il se manifestera peut-être de nouveau, à travers d’autres passionnantes péripéties.

Alors, qui est ce Justicier exécuteur ?

Il est question de Roger Dercky, un ancien membre de la nouvelle génération des gendarmes Katangais de Nathanaël Mbumba ayant longtemps sévi dans le Sud-Est de la République du Zaïre – plus précisément dans la région du Shaba, l’ex-Katanga – et dans le Nord-Est de l’Angola. Un homme qui s’est établi à Paris, après s’être enrichi dans le trafic des pierres précieuses.

Avez-vous une préférence entre ce personnage, en l’occurrence Roger Dercky, et Cicéron Boku Ngoi ?

Il est difficile, pour moi, d’avoir une préférence pour Cicéron au détriment de Roger, et vice-versa. Primo, comme moi-même, Cicéron Boku Ngoi et Roger Dercky sont nés à Kinshasa et ont grandi à dans la commune de Bumbu. De ce fait, nous sommes tous les trois des GaloisGal étant l’une des appellations des communes de Bumbu et de Selembao. Nous avons donc connu l’esprit de sangolu zaku, expression de la langue kikongo signifiant que l’on ne peut avant tout compter que sur sa propre force, c’est-à-dire sur soi-même. C’est d’ailleurs cet esprit qui guidera Roger Dercky face à un danger imminent.

Secundo, en tant que romancier, je suis le créateur de Roger et de Cicéron. J’ai donc un regard paternel sur ces deux personnages. Comment un père peut-il préférer un de ses fils par rapport à l’autre ? J’écris des romans comme un géniteur fait des enfants. L’un d’eux fera de moi ce que je souhaite réellement devenir. Lequel d’entre eux ? L’avenir nous le dira. Raison pour lequel je dois les choyer de la même façon.

Comment un milliardaire peut-il devenir subitement un détective privé ?

On exerce une profession soit par nécessité, soit par vocation, soit par concours de circonstance. Dans le cas de Roger Dercky, c’est un double meurtre dans son luxueux appartement du septième arrondissement de Paris qui l’a poussé à rendre lui-même justice. Le mercenaire sommeillant en lui, ayant grandi dans une mentalité tout à fait galoise, a estimé qu’il était son propre garde du corps. Ainsi a-t-il refusé de laisser la police française régler une affaire personnelle à ses yeux.

 

Au-delà d’une affaire personnelle, Roger Dercky n’est-il pas guidé par une force mystique ? Êtes-vous, vous-même, un mystique ?

Il y a aussi une part de mysticisme dans les aventures de Cicéron Boku Ngoi. Comme moi, Roger Dercky et Cicéron Boku Ngoi sont des Bakongo, donc des descendants des Bantous. Nous sommes des animistes élevés aussi dans la religion chrétienne. En tant que tels, nous croyons aux forces de l’esprit tout en restant pragmatiques. Par conséquent, on peut comprendre que l’on puisse nous qualifier d’agnostiques à tendance mystique. Voilà l’une des raisons qui a poussé l’auteur que je suis à ouvrir une perspective, dans Le Justicier exécuteur, à travers laquelle le lecteur pourrait assister aux voyages des âmes dans l’au-delà. L’Enfer et le Paradis sont proches, et Roger Dercky bénéficie de la protection de ce phénomène tout en étant victime de leurs conséquences. Disons que l’appartement du septième arrondissement et la ville de Paris ont servi, à travers cette enquête, de champ de bataille entre le Mal et le Bien.

Envisageriez-vous, un jour, une investigation commune entre Roger Dercky et Cicéron Boku Ngoi ?

Ces deux Galois sont mes créatures. Cela laisse supposer qu’ils pourraient un jour coopérer dans l’optique d’une cause commune. Ils pourraient aussi s’affronter, à cause d’un malentendu ou d’un conflit d’intérêt. Caïn n’avait-il pas tué son frère Abel ? Tout est possible. Tout dépendra de l’état d’esprit de l’auteur.

[1] Il s’agit des romans ci-contre : Dans l’œil du léopard, La chasse au léopard et Au pays des mille collines.

Le justicier exécuteur

justicier-executeur_Couv1Après qu’il eut commis ces deux forfaits, l’inconnu aux cheveux blonds se mit à fouiller de fond en comble l’appartement dans lequel venait de se dérouler la double scène macabre. N’ayant pas découvert ce qu’il cherchait désespérément, il déserta à regret les lieux, prenant néanmoins le soin de tirer la porte derrière lui.

Pourquoi ces deux meurtres sous le toit de Roger Dercky ? Pourquoi cette tuerie, dans son appartement, en son absence ? Était-ce une façon délibérée de lui créer des ennuis ? S’était-il agi d’un acte prémédité ? Voulait-on mettre ces deux crimes sur son dos ? Qui était le meurtrier ? Le ressortissant zaïrois se mit de nouveau à la recherche d’éventuels indices. À quoi diantre serviraient-ils, si leur absence renforçait l’esprit de sa conviction initiale ? La seule manière pour Roger Dercky de mettre vraiment à l’épreuve son mental fut de mesurer sa capacité à supporter l’accumulation des questions sans l’ombre d’une réponse.

Dans cet ouvrage, en plus d’une époustouflante enquête policière, l’auteur ouvre une perspective à travers laquelle le lecteur pourra voir les âmes parcourir l’au-delà dans l’optique de baguenauder avec les entités célestes et les esprits de l’Enfer…

Pour plus d’information

Au cœur des Grands Lacs africains

A l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, un roman policier intitulé Au pays des mille collines, Gaspard-Hubert Lonsi Koko a bien voulu répondre à quelques questions.

Qui êtes-vous réellement, monsieur Lonsi Koko ?

La réponse à votre question dépend de l’angle sous lequel on appréhende mon parcours terrestre. Je suis un père de famille et un époux du point de vue familial au sens strict. Un cadre de parti, si l’on se situe sur l’échiquier congolais, et un auteur. Sur le plan politique, mes principes et convictions penchent du côté de la social-démocratie. Quant à la plume, on peut me qualifier aisément d’essayiste, de romancier et de chroniqueur.

Faut-il dire de vous que vous êtes un personnage complexe, donc très déroutant ?

Je ne sais pas si je suis complexe ou déroutant. Mes critiques les plus perspicaces, surtout dans le milieu politique congolais, ont toujours vu en moi quelqu’un de très ambigu et de très mystérieux.

D’où les expressions « ambiguïté lonsienne », « paradoxe banacequien » « agnostique mystique » ?

La sincérité voudrait que l’on envisage le « paradoxe banacequien » comme une habileté politique consistant à fixer le cap, en plaçant la barre très haut, afin d’entraîner les adversaires politiques à travers les méandres idéologiques et les sinuosités dangereusement balisées. Pour ce qui est de l’« ambiguïté lonsienne », il s’agit tout simplement d’une rhétorique que l’auteur émerveillé offre aux personnes qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez et aux observateurs éveillés qui perçoivent la vraie dimension de la réflexion qui leur est subtilement offerte. Par ailleurs, comme la plus grande majorité des Bantous, je crois beaucoup aux forces de l’esprit.

Revenons à l’actualité du moment. Que va chercher votre personnage principal, Cicéron Boku Ngoi, au pays des mille collines ?

L’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana en avril 1994 n’ayant fait l’objet d’aucune investigation sérieuse de la part des autorités locales et des forces onusiennes, les autorités françaises avaient pris l’option de dépêcher quelqu’un sur place. C’était dans ce contexte que le patron du Ndanda Holding International avait pris la route pour Kigali via Kinshasa et Brazzaville.

Quelle avait été sa principale mission ?

D’après des sources émanant des services secrets belges et américains, quelques militaires français auraient été à l’origine de l’assassinat des présidents rwandais et burundais. Dans cette histoire, selon le contexte de l’attentat, la négligence coupable des uns et la logique ethniciste, voire assassine, des autres ont favorisé l’hécatombe. Seules les boîtes noires de l’avion qui avait été abattu auraient permis de clarifier le mystère qui entourait le crash. Cicéron Boku Ngoi devait donc les retrouver, le premier souci des autorités françaises ayant consisté à éviter toute preuve d’une éventuelle implication de la France.

La France est donc responsable du crash survenu à quelques kilomètres de l’aéroport Grégoire Kayibanda et de ses conséquences ?

Ce n’est pas au romancier, dont l’œuvre n’est que le fruit de l’imagination, de répondre à cette question. Selon les spécialistes, la DGSE ne disposait pas de bureau fixe à Kigali, mais y effectuait des « missions d’intervalle » même si l’un des deux coopérants militaires français qui étaient assassinés le 7 avril de cette année dans la capitale rwandaise habitait la « maison de l’agent », connue à tort ou à raison comme celle d’un ancien correspondant de la DGSE. »

Un missile sol-air étant d’emploi très facile, ne pensez-vous pas que n’importe qui aurait pu commettre ce crime ?

L’emploi d’une telle arme n’est facile d’emploi qu’en théorie. Pour toucher une cible avec un missile sol-air, il faut une certaine expérience opérationnelle. Seuls les combattants du Front patriotique rwandais disposaient de ce savoir-faire.

L’arme du crime est donc un missile sol-air ?

Les spécialistes de la chose militaire ont prétendu qu’il pourrait être question d’un SAM-7 de fabrication soviétique, ou bien de sa version modernisée : c’est-à-dire dire le SAM-16, lequel est commercialisé depuis 1985. Un Grail ou un Gremiln, selon les noms de code de l’OTAN. Mais il n’était pas non plus exclu qu’il s’agisse d’un Stinger américain, ce missile très performant comme ceux qui avaient été délivrés à la guérilla sud-soudanais via l’Ouganda – ce pays ayant été le parrain du Front patriotique rwandais. Je rappelle seulement que les rebelles s’étaient déjà servi de missiles sol-air pour abattre deux hélicoptères de l’armée rwandaise et, en octobre 1990, un avion de reconnaissance au-dessus de Kagitumba, dans l’extrême Nord du Rwanda.

Que faudrait-il entreprendre pour que la région des Grands Lacs africains ne soit plus à feu et à sang ?

Tant que l’on n’aurait pas à l’esprit les alliances et les mésalliances circonstancielles entre les différentes populations de la région des Grands Lacs africains, on aurait beaucoup de mal à trouver les solutions appropriées, surtout dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo où la trahison et la forfaiture n’ont jamais cessé de fausser les données régionales, créant ainsi la haine entre les citoyens des pays concernés. Plus précisément, dans les régions du Kivu et de l’Ituri, Kinshasa devrait faire éclater, par tous les moyens, le front commun rwandophone tout en garantissant la protection et les droits des minorités. Kinshasa devrait surtout se doter d’un véritable bras armé en mesure de dissuader les velléités expansionnistes et l’appétit vorace des pays limitrophes situés à l’Est. En tout cas, seules la sincérité et la fidélité à la nation congolaise pourraient être, de nos jours, un facteur déterminant à la pacification de cette région située à la croisée de l’Afrique centrale et orientale. Le bon voisinage serait très difficile tant que ces deux fléaux, c’est-à-dire la trahison et la forfaiture, ne seraient jamais sévèrement punies par les autorités administratives, notamment kinoises.

Propos recueilli par Charlotte Mondo

© Agroravox

Titre : Au pays des mille collines

Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Editeur : L’Atelier de l’Egrégore

Genre : policier

Format : numérique (epub)

Sortie : février 2016

Au pays des mille collines

Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ».

En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

Titre : Au pays des mille collines

Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO

Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore

Collection : Roman/Nouvelle

Formats : EPUB (numérique) Prix : 7,00 €

Genre : Policier

Sortie : février 2016

Pourquoi faudrait-il à tout prix capturer le léopard ?

Gaspard-Hubert-Lonsi-Koko-filtre30-1024x582

A l’occasion de la sortie de son dernier roman La chasse au léopard, nous avons rencontré Gaspard-Hubert Lonsi Koko afin de nous faire une idée des nouvelles pérégrinations kinoises de Cicéron Boku Ngoi.

Vous venez de publier, sous un format numérique, un roman intitulé La chasse au léopard. Est-ce la suite de votre précédent ouvrage, c’est-à-dire Dans l’œil du léopard ?

Ces deux romans, à savoir La chasse au léopard et Dans l’œil du léopard, font partie intégrante de La trilogie des Grands Lacs, le dernier ouvrage qui la compose étant Au pays des mille collines. Toutefois, ces trois ouvrages constituent des histoires distinctes qui ont comme cadres, sur le plan régional, le Zaïre de Mobutu Sese Seko et le Rwanda après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana.

Les ouvrages précités évoquent des faits véridiques, alors qu’ils ne sont que des fictions policières. Comment expliquez-vous cet aspect narratif ?

Un auteur dispositif d’une certaine liberté. Celle-ci lui permet de relater à sa manière les faits historiques, économiques, sociaux, politiques et géostratégiques. Ces deux romans, lesquels concernent les investigations de Cicéron Boku Ngoi à travers les pays des Grands Lacs africains, se déroulent dans un contexte vrai sur le plan historico-politique. Le reste n’est qu’une pure imagination que l’auteur émerveillé offre aux lecteurs ayant une connaissance parfaite du Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo, et du Rwanda. Cette fiction permet aussi aux béotiens de se faire une idée, au-delà des tribulations du personnage principal, des contextes socio-économique et politique de l’époque relatifs aux deux pays concernés.

Mais il n’y a pas que l’aspect régional dans ces deux ouvrages…

Tout à fait. Les relations franco-africaines y trouvent une place importante dans la mesure où Cicéron Boku Ngoi, le détective privé zaïrois vivant à Paris, mène chaque fois ses enquêtes pour le compte du gouvernement français. L’auteur profite de cette particularité pour se pencher sérieusement sur l’implication de la France dans son « pré carré » africain, notamment dans les anciennes colonies belges représentées par la République du Zaïre et le Rwanda.

Et cette chasse au léopard ?

A la suite de l’assassinat de l’ambassadeur de France en 1993, lors du soulèvement des éléments armés de la Division spéciale présidentielle (DSP), le quai d’Orsay a pris la résolution en guise de représailles, à la demande du Palais de l’Elysée, de faire enlever le maréchal Mobutu Sese Seko, dit le grand léopard, afin de l’exfiltrer vivant vers Paris. Ainsi le ministère français des Affaires étrangères décide-t-il de recourir aux services du patron du Ndanda Holding International (NHI), en l’occurrence le génial détective privé Cicéron Boku Ngoi. Sauf qu’il n’est pas du tout facile de capturer un léopard. Mais laissons aux lecteurs le soin de découvrir, par eux-mêmes, la suite des événements.

La chasse au léopard

chasseauleopardCouv1Certes, le renard est un animal très rusé. Pour mener à bien l’expédition que le Quai d’Orsay envisageait sur le sol zaïrois, il fallait un chasseur expérimenté. De plus, il n’était nullement question de s’introduire dans un poulailler, mais d’opérer dans la jungle africaine. Il s’agissait plutôt de la chasse au léopard. Ainsi fallait-il recourir aux services d’un spécialiste de l’enlèvement dans le but de capturer le maréchal Mobutu vivant et de l’exfiltrer vers la France. Il devait neutraliser le léopard dès la première tentative, au risque de s’exposer aux pires représailles de la part de ses zélateurs. L’opération que s’apprêtait à mettre en place la France comportait, à n’en pas douter, beaucoup de risques.

Titre : La chasse au léopard

Éditeur : L’Atelier de l’Égrégore

Auteur : Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Parution : octobre 2015

Pour acheter ce livre